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Norme AES

  • Photo du rédacteur: Damien Mixrec
    Damien Mixrec
  • 17 mars
  • 4 min de lecture

Pourquoi on mixe souvent autour de -18 dBFS

Ce principe n’est pas un hasard ni une simple habitude : il vient directement des standards définis par la Audio Engineering Society.


Ces normes expliquent comment calibrer les systèmes audio professionnels et comment gérer correctement les niveaux numériques afin d’obtenir un mix propre, dynamique et compatible avec les systèmes de diffusion modernes.


Dans cet article, nous allons comprendre :

  • ce qu’est la norme AES

  • ce qu’explique la norme AES-17

  • pourquoi le niveau -18 dBFS est devenu une référence

  • et comment cela influence le gain staging en mixage.


Qu’est-ce que la norme AES ?

La Audio Engineering Society est une organisation internationale créée en 1948 qui regroupe des ingénieurs du son, chercheurs et fabricants d’équipements audio.


Son objectif est de développer des standards techniques permettant :

  • d’améliorer la qualité audio

  • d’assurer la compatibilité entre les équipements

  • de standardiser les méthodes de mesure et de calibration.


Les normes AES couvrent plusieurs domaines :

  • audio numérique

  • interfaces audio

  • niveaux de référence

  • mesure de la dynamique

  • calibration des équipements.


Dans les studios professionnels, ces standards servent de références techniques pour le mixage et le mastering.


La norme AES-17 : mesurer les systèmes audio numériques

Une norme particulièrement importante pour comprendre les niveaux audio est la AES17.

Cette norme définit comment mesurer les performances des équipements numériques, notamment :

  • la distorsion

  • le bruit

  • la dynamique

  • le niveau de référence.


Mais surtout, elle explique la relation entre le niveau analogique et le niveau numérique.


La correspondance entre analogique et numérique

Dans l’audio professionnel analogique, le niveau standard est :

+4 dBu


C’est le niveau nominal utilisé dans :

  • les consoles de mixage

  • les compresseurs analogiques

  • les équipements studio professionnels.


Pour que les systèmes analogiques et numériques puissent fonctionner ensemble, il faut définir une correspondance.


Dans beaucoup de systèmes audio professionnels :

+4 dBu ≈ -18 dBFS


Cela signifie que lorsque le signal analogique est à son niveau nominal, dans le domaine numérique il se situe 18 dB sous le niveau maximum possible.


Pourquoi 0 dBFS est une limite absolue

En audio numérique, le niveau maximal s’appelle :

0 dBFS (Full Scale).


Contrairement à l’analogique, on ne peut jamais dépasser cette limite.

Si un signal dépasse 0 dBFS :

  • le convertisseur clippe

  • une distorsion numérique apparaît

  • cette distorsion est irréversible.


C’est pourquoi les systèmes audio numériques sont conçus pour fonctionner avec une marge de sécurité appelée headroom.


Le rôle du headroom dans un mix

Le headroom est la marge entre le niveau nominal et le niveau maximum.

Si le niveau moyen est autour de -18 dBFS, il reste environ 18 dB de marge avant d’atteindre la saturation numérique.


Cette marge permet d’absorber les crêtes naturelles du signal, comme celles produites par :

  • une caisse claire

  • un kick

  • une attaque de guitare

  • certaines consonnes dans la voix.


Sans cette marge, le mix saturerait très facilement.


Pourquoi beaucoup d’ingénieurs mixent autour de -18 dBFS

Travailler autour de -18 dBFS apporte plusieurs avantages techniques importants.


1. Un meilleur comportement des plugins

De nombreux plugins qui simulent du matériel analogique sont calibrés avec la référence :

0 VU = -18 dBFS


Cela signifie que leur fonctionnement est optimisé autour de ce niveau.


Si le signal est trop fort :

  • la saturation arrive plus vite

  • les compresseurs réagissent trop fortement

  • la distorsion peut apparaître.


2. Une meilleure dynamique

Mixer avec des niveaux modérés permet :

  • de préserver les transitoires

  • d’éviter une compression excessive

  • d’obtenir un mix plus naturel.


3. Un gain staging propre

Le gain staging consiste à maintenir un niveau cohérent à chaque étape de la chaîne audio.


Cela inclut :

  • les pistes individuelles

  • les bus

  • le mix final.


Lorsque chaque piste tourne autour de -18 dBFS, l’ensemble de la session reste stable et contrôlable.


Exemple de niveaux dans une session de mix

Voici un exemple de niveaux typiques dans un projet de mixage :

Élément

Niveau moyen

Kick

-18 dBFS

Snare

-18 dBFS

Basse

-18 dBFS

Voix

-16 dBFS

Bus batterie

-12 dBFS

Master avant mastering

-6 dBFS peak


Ce type de structure permet de garder une grande marge pour le mastering.


Une idée fausse encore très répandue

Beaucoup de producteurs pensent qu’il faut enregistrer le plus fort possible en numérique.

Cette idée vient de l’époque des convertisseurs 16 bits, qui avaient une dynamique plus limitée. Mais aujourd’hui, les convertisseurs 24 bits offrent souvent plus de 120 dB de

dynamique.

Il est donc inutile — et même contre-productif — d’enregistrer trop fort.


Pourquoi ces standards restent importants aujourd’hui

Les normes définies par la Audio Engineering Society permettent de garantir :

  • une cohérence entre les studios

  • un comportement prévisible des équipements

  • une meilleure qualité audio.



Elles facilitent également la compatibilité entre :

  • les systèmes analogiques

  • les stations audionumériques

  • les plateformes de diffusion.


Conclusion

Comprendre la norme AES17 permet de mieux saisir pourquoi les ingénieurs du son travaillent souvent autour de -18 dBFS lors du mixage.


Ce niveau correspond au point d’équilibre entre :

  • dynamique

  • headroom

  • comportement optimal des équipements.


Respecter ce principe permet de réaliser des mixes plus propres, plus dynamiques et plus professionnels, tout en gardant suffisamment de marge pour l’étape du mastering.

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