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Les chiffres ne font pas le mix.

  • Photo du rédacteur: Damien Mixrec
    Damien Mixrec
  • il y a 5 jours
  • 5 min de lecture

Pourquoi il faut apprendre à écouter avant d'appliquer des recettes

Dans certains de ces articles, j'ai volontairement donné des exemples de réglages : des ratios de compression, des temps d'attaque et de relâchement, des fréquences à surveiller, des plages de fréquences à atténuer ou à mettre en valeur.

Pourtant, il y a une chose essentielle que je souhaite rappeler aujourd'hui :


Ces chiffres ne sont pas des règles.

Ils ne sont pas là pour être copiés et appliqués aveuglément sur chaque morceau.

Ils sont simplement des points de départ.


Le plus grand piège du mixage

L'un des plus grands pièges dans lequel tombent les débutants consiste à croire qu'il existe une recette universelle.


On lit souvent :

  • Coupez à 300 Hz.

  • Boostez à 5 kHz.

  • Compressez avec un ratio de 4:1.

  • Mettez 2 dB de réduction de gain.

  • Sortez votre mix à tel niveau.

  • Utilisez tel plugin.


Le problème, c'est que la musique ne fonctionne pas ainsi.

-Chaque chanson est différente.

-Chaque voix est différente.

-Chaque musicien est différent.

-Chaque arrangement raconte une histoire différente.

-Une fréquence qui gêne sur une voix pourra être magnifique sur une autre.

-Une compression agressive pourra détruire un morceau acoustique tout en étant exactement ce qu'il faut sur un titre rock, funk ou électro.


Ce n'est pas le mixeur qui décide, c'est la musique

Je le répète souvent :

Le rôle du mixeur n'est pas d'imposer sa technique à la musique.

Son rôle est de comprendre ce que la musique veut raconter.

Si le morceau réclame quelque chose de naturel, alors il faut suivre cette direction.

Si le morceau demande de la douceur, de l'espace et de la transparence, alors c'est ce chemin qu'il faut emprunter.


À l'inverse, si le titre appelle une compression très marquée, du pompage, de la saturation, une coloration assumée ou une ambiance plus agressive, alors il faut savoir l'accepter et l'utiliser.


La question n'est jamais :

« Quel réglage dois-je utiliser ? »

La vraie question est :

« Qu'est-ce que la musique me demande ? »


Le mixage est une philosophie avant d'être une technique

On parle souvent du mixage comme d'une suite d'outils.

-Égaliseurs.

-Compresseurs.

-Réverbs.

-Delays.

-Saturateurs...

Pourtant, ces outils ne sont que des pinceaux. L'important reste le tableau.

Le mixage est avant tout une philosophie.

-C'est un savoir.

-C'est un savoir-faire.

-C'est une capacité à comprendre une œuvre et à mettre en valeur ce qu'elle raconte.

Le rôle du mixage n'est pas d'impressionner l'auditeur avec une démonstration technique.


Le rôle du mixage est de faire ressortir :

  • la beauté de la composition ;

  • l'émotion des paroles ;

  • l'interprétation du chanteur ;

  • le jeu des musiciens ;

  • les nuances ;

  • la dynamique ;

  • l'intention artistique.


Quand un mix est réussi, l'auditeur ne se dit pas :

« Quel beau compresseur ! »

Il ressent simplement l'émotion de la musique.


La meilleure technique est celle que l'on n'entend pas

C'est une idée qui m'a profondément marqué lorsque j'ai commencé à écouter les grands ingénieurs du son.


Très souvent, ils disent tous la même chose :

Le son se juge avec les oreilles.

-Pas avec les yeux.

-Pas avec les analyseurs.

-Pas avec les réseaux sociaux.

-Pas avec les chiffres.

-Avec les oreilles.

-La meilleure compression est souvent celle que l'on ne remarque pas.

-La meilleure égalisation est souvent celle que l'on ne remarque pas.

-Le meilleur traitement est celui qui sert la musique sans attirer l'attention sur lui-même.

-La seule technique que l'on devrait réellement entendre dans un morceau est celle des musiciens.

-La technique du guitariste.

-La technique du pianiste.

-La technique du batteur.

-La technique du chanteur.

-Pas celle du mixeur.


Attention aux faux experts des réseaux sociaux

Aujourd'hui, il suffit d'une caméra et d'un compte sur un réseau social pour se présenter comme expert.


Le problème est que beaucoup de créateurs de contenu produisent des vidéos qui privilégient le spectaculaire plutôt que la réalité du métier.


On y voit souvent :

  • des recettes miracles ;

  • des réglages universels ;

  • des plugins « magiques » ;

  • des promesses de résultats instantanés ;

  • des affirmations présentées comme des vérités absolues.


Le danger est réel.

Parce qu'à force de suivre ce type de contenu, on finit par mixer avec des règles plutôt qu'avec ses oreilles.

Et lorsqu'un artiste vous confie son album ou son titre, ce n'est pas ce qu'il attend.

Il ne vous engage pas pour appliquer une recette trouvée sur Internet.

Il vous engage pour comprendre sa musique.


Les blogs sont utiles... à condition de savoir les lire

J'adore écrire des articles de blog, j'aime partager mon expérience, j'aime expliquer des concepts techniques, j'aime transmettre ce que j'ai appris au fil des années.

Mais un blog n'a jamais transformé quelqu'un en ingénieur du son, un article peut ouvrir une réflexion , donner une piste, faire découvrir une méthode ou faire gagner du temps, mais il ne remplacera jamais l'expérience.


Méfiez-vous des titres du genre :

  • « Devenez pro en 10 minutes »

  • « Le secret des grands mixeurs »

  • « La recette ultime »

  • « Le réglage parfait »


Dans notre métier, les raccourcis n'existent pas.


On ne devient pas professionnel en quelques vidéos

Un véritable professionnel se construit au fil des années.

-En enregistrant.

-En mixant.

-En se trompant.

-En recommençant.

-En écoutant.

-En comparant.

-En analysant.

-En travaillant encore et encore.

-C'est un métier qui demande du temps.

-De la patience.

-De la remise en question.

-Aucune vidéo YouTube ne remplacera dix ans d'expérience.

-Aucune formation miracle ne remplacera des centaines d'heures passées à travailler sur de vrais projets.


La vérité sur les formations « miracles »

C'est probablement le sujet qui me préoccupe le plus aujourd'hui. On voit apparaître partout des formations qui promettent de transformer un débutant en expert. Certaines sont intéressantes, d'autres beaucoup moins.


Le problème est qu'aucune formation enregistrée ne connaît votre musique, aucune vidéo préenregistrée ne connaît les pistes que vous avez enregistrées, aucune vidéo ne connaît les problèmes spécifiques de vos productions.

On apprend réellement lorsqu'on travaille sur ses propres morceaux. On apprend réellement lorsqu'on mixe les titres de vrais artistes. On apprend lorsqu'on se retrouve face à un problème concret et qu'il faut trouver une solution.


C'est pour cette raison que l'accompagnement personnalisé reste, selon moi, la meilleure manière de progresser. Parce qu'il est basé sur votre réalité. Pas sur celle d'un projet parfait préparé à l'avance pour une démonstration.


Conclusion

Si vous devez retenir une seule chose de cet article, retenez celle-ci :

Les chiffres sont des repères, jamais des vérités.

Les réglages sont des points de départ, jamais des obligations. Les outils sont au service de la musique, jamais l'inverse.


-Écoutez davantage.

-Regardez moins.

-Faites confiance à vos oreilles.

-Développez votre sensibilité.

-Cherchez à comprendre ce que la musique raconte.


Car au final, le véritable métier d'un ingénieur du son n'est pas de manipuler des plugins. C'est de révéler l'émotion déjà présente dans la musique sans jamais la trahir.

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Mathis Pajot
Mathis Pajot
il y a 4 jours
Noté 5 étoiles sur 5.

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