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Synthés : comment éviter qu’ils mangent tout

  • Photo du rédacteur: Damien Mixrec
    Damien Mixrec
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Pourquoi les synthétiseurs peuvent ruiner un mix sans qu’on s’en rende compte


Pourtant, les synthés sont également l'une des principales causes de mixes confus, brouillons et fatigants à écouter.


Le problème est simple :

Un synthétiseur peut facilement occuper tout le spectre fréquentiel à lui seul.

Contrairement à une guitare, une basse ou une voix qui possèdent naturellement des limites fréquentielles, un synthé moderne peut générer :

  • des sub-graves ;

  • des graves ;

  • des bas médiums ;

  • des médiums ;

  • des aigus ;

  • des très hautes fréquences.


Résultat :

Le synthé finit par masquer la voix, la batterie, les guitares et même la basse.

Le mix devient gros... mais peu lisible.


Le piège du "beau son solo"

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à choisir un preset de synthé parce qu'il sonne magnifiquement lorsqu'il est écouté seul.


Le problème est qu'un preset conçu pour impressionner possède souvent :

  • énormément de basses ;

  • beaucoup d'informations dans les médiums ;

  • une forte présence dans les aigus ;

  • une stéréo très large ;

  • des effets intégrés (reverb, delay, chorus).


En solo, cela paraît spectaculaire.

Dans le mix, cela devient souvent un cauchemar.

Un bon synthé dans un morceau n'est pas forcément un beau synthé tout seul.

C'est un synthé qui laisse de la place aux autres éléments.


Comprendre où le synthé prend de la place

Prenons un simple pad.

Beaucoup de pads occupent :

Zone

Impact

30 - 80 Hz

concurrence avec le kick et la basse

100 - 300 Hz

boue et manque de définition

500 Hz - 2 kHz

concurrence avec les voix et les guitares

3 - 8 kHz

concurrence avec la présence vocale

10 kHz et +

fatigue auditive

Autrement dit :

Un seul pad peut littéralement recouvrir tout le mix.

C'est pour cette raison que les productions professionnelles utilisent énormément de filtrage et d'EQ.


Le filtre passe-haut : votre meilleur ami

La majorité des synthés possèdent des informations graves inutiles.

Même lorsqu'on ne les entend pas clairement.

Ces fréquences consomment :

  • du headroom ;

  • de la puissance ;

  • de la clarté.


Dans beaucoup de cas, il est possible de couper :

  • sous 60 Hz ;

  • sous 80 Hz ;

  • parfois même sous 120 Hz.

Sans que personne ne remarque la différence.

Par contre, le kick et la basse vont immédiatement retrouver de l'espace.


Tous les synthés n'ont pas besoin de basses

Posez-vous une question simple :


Quel est le rôle de ce synthé ?

S'il sert à créer :

  • une ambiance ;

  • une nappe ;

  • une largeur stéréo ;

  • une texture ;


alors il n'a probablement pas besoin d'occuper les graves.


Laissez cette zone à :

  • la grosse caisse ;

  • la basse ;

  • éventuellement certains éléments percussifs.


Le bas du spectre est précieux.

Ne le gaspillez pas.


Attention aux bas médiums

La zone située entre 150 Hz et 400 Hz est souvent la plus problématique.

C'est là que se crée la fameuse "bouillie".

Quand plusieurs synthés jouent simultanément :

  • pads ;

  • pianos ;

  • nappes ;

  • leads ;

  • effets ;


les bas médiums s'accumulent très rapidement.

Un léger nettoyage dans cette zone peut transformer complètement un mix.

Parfois une réduction de seulement 2 à 4 dB suffit.


Les médiums : le territoire de la voix

Dans la plupart des productions, la voix est l'élément principal.

Pourtant, beaucoup de synthés sont extrêmement riches entre :

  • 1 kHz ;

  • 4 kHz.

Exactement là où se trouve l'intelligibilité vocale.


Lorsque le chanteur arrive :

  • les paroles deviennent difficiles à comprendre ;

  • on augmente le volume de la voix ;

  • le mix devient agressif.


La bonne solution n'est pas toujours de monter la voix.

C'est souvent de faire de la place autour d'elle.


L'EQ dynamique : une arme redoutable

Aujourd'hui, les EQ dynamiques permettent de réduire automatiquement certaines fréquences du synthé uniquement lorsque la voix chante.


Ainsi :

  • la voix reste claire ;

  • le synthé conserve son caractère ;

  • le mix paraît plus naturel.

Cette technique est devenue extrêmement courante dans les productions modernes.


La largeur stéréo peut aussi devenir un problème

Beaucoup de producteurs élargissent leurs synthés au maximum.

Cela donne une sensation spectaculaire.


Mais trop de largeur peut provoquer :

  • un manque de focalisation ;

  • des problèmes de phase ;

  • une perte d'impact au centre ;

  • une mauvaise traduction en mono.


Lorsque tout est large :

plus rien ne paraît large.

La largeur est un contraste.

Elle doit être utilisée avec intention.


Layering : attention à l'empilement

Les productions modernes utilisent souvent plusieurs couches de synthés.

Par exemple :

  • un sub ;

  • un synthé grave ;

  • un pad ;

  • un piano ;

  • un lead ;

  • un arpégiateur.

Chaque couche doit avoir sa mission.

Si deux synthés remplissent exactement le même rôle :

supprimez-en un.


Très souvent, retirer une piste améliore davantage le mix que d'ajouter un nouveau plugin.


Automatiser plutôt que compresser

Beaucoup d'ingénieurs débutants cherchent à contrôler un synthé avec de la compression.

Parfois, une simple automation de volume est plus efficace.

Elle permet :

  • de faire respirer les arrangements ;

  • d'éviter les masquages ;

  • de créer davantage de dynamique.


Un synthé qui recule légèrement pendant les couplets pourra revenir avec plus d'impact dans le refrain.


Le vrai secret : écouter dans le contexte

L'erreur la plus répandue reste l'écoute en solo.

Un synthé doit être jugé :

  • avec la batterie ;

  • avec la basse ;

  • avec les voix ;

  • avec l'ensemble du morceau.


Ce qui semble petit ou trop filtré en solo peut être absolument parfait dans le mix final.

Le but n'est pas d'obtenir le plus gros synthé.

Le but est d'obtenir le meilleur équilibre.

Ce qu'il faut retenir

Les synthétiseurs sont capables d'occuper l'intégralité du spectre fréquentiel.

C'est précisément ce qui les rend puissants… et dangereux pour un mix.

Pour éviter qu'ils mangent tout :

  • filtrez les graves inutiles ;

  • nettoyez les bas médiums ;

  • laissez de la place à la voix ;

  • contrôlez la largeur stéréo ;

  • attribuez un rôle précis à chaque synthé ;

  • écoutez toujours dans le contexte du morceau.


Un bon mix n'est pas celui où chaque piste est énorme.

C'est celui où chaque élément trouve naturellement sa place.


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