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Recording, mixage, mastering : trois étapes, une seule mission

  • Photo du rédacteur: Damien Mixrec
    Damien Mixrec
  • 1 juil.
  • 3 min de lecture

Le plus grand malentendu de l'audio

Depuis des années, je vois revenir la même idée chez certains artistes :


« Ce n'est pas grave, ça se corrigera au mix. »


Ou encore :


« Le mastering donnera de l'émotion au morceau. »


Malheureusement, ce n'est pas ainsi que fonctionne la musique.

Les outils modernes sont incroyablement puissants. Nous pouvons corriger une justesse, recaler un timing, nettoyer un bruit, modifier une couleur sonore ou élargir une image stéréo.


Mais il existe une chose qu'aucun plugin, aucun compresseur, aucun égaliseur et aucun ingénieur du son ne peut créer à partir de rien :

l'émotion.


La musique est avant tout une performance humaine. Une histoire racontée par des musiciens, des chanteurs et des interprètes.

C'est pour cette raison que ma vision du métier peut se résumer très simplement.


Le recording capture

Le recording a une mission essentielle :

Il capture ce qui existe déjà.


Il capture :

  • L'émotion.

  • Le groove.

  • L'interprétation.

  • La couleur.


Lorsque le chanteur entre dans la cabine, lorsque le guitariste joue sa partie ou lorsque le batteur frappe sa caisse claire, c'est à ce moment-là que la magie se produit.

Le choix du micro, du préampli, de la pièce ou encore du placement participe à la couleur sonore.


Mais ces outils ne créent pas l'émotion.

Ils la capturent.


Si un chanteur est bouleversant pendant sa prise, le microphone enregistrera cette émotion.


S'il ne transmet rien, aucun micro à plusieurs milliers d'euros ne pourra l'inventer.

C'est pourquoi je considère souvent que le mastering commence dès la prise de son.

Comme pour une maison, tout repose sur les fondations.


Le mix révèle

Le mixage est souvent présenté comme l'étape où tout devient possible.

Je ne partage pas totalement cette vision.


Pour moi, le mixage n'est pas là pour transformer une mauvaise performance en chef-d'œuvre.


Le mixage est là pour révéler ce qui existe déjà.


Il révèle :

  • L'émotion.

  • Le groove.

  • L'interprétation.

  • La couleur.


Lorsque je commence un mix, ma première question n'est jamais :


« Comment vais-je compresser cette voix ? »

ou


« À combien de LUFS ce morceau va sortir ? »


Je me demande plutôt :


« Que raconte cette musique ? »


Chaque morceau raconte une histoire.

Le rôle du mixage est de mettre cette histoire en lumière.

  1. Parfois cela demandera beaucoup de compression.

  2. Parfois presque aucune.

  3. Parfois il faudra une réverbération immense.

  4. Parfois il faudra au contraire une proximité presque intime.


La technique n'est qu'un moyen.


L'objectif reste toujours le même :

faire ressortir ce qui est déjà présent dans la musique.


Le mastering sublime

Le mastering est probablement l'étape la plus mal comprise.

Beaucoup imaginent encore qu'il s'agit simplement de rendre un morceau plus fort.

Pour moi, le mastering a une mission beaucoup plus noble.


Il sublime :

  • L'émotion.

  • Le groove.

  • L'interprétation.

  • La couleur.


Un bon mastering ne doit pas détruire le travail réalisé auparavant.

  1. Il ne doit pas effacer les choix artistiques du mixage.

  2. Il ne doit pas uniformiser une œuvre.

  3. Il doit la mettre en valeur.


Lorsque je travaille avec un ingénieur mastering, mon souhait est toujours le même :

préserver la dynamique, préserver la couleur, préserver la profondeur et préserver la largeur du mix.


Parce que ce sont précisément ces éléments qui transportent l'émotion jusqu'à l'auditeur.


Ce qu'aucune étape ne peut faire

Il existe une réalité que beaucoup refusent encore d'accepter.

Aucune étape de la chaîne audio ne peut inventer ce qui n'existe pas.


  • Le recording capture.

  • Le mix révèle.

  • Le mastering sublime.


Mais aucune de ces étapes ne peut créer à partir du vide.

Un mixage ne créera jamais une émotion absente.

Un mastering ne créera jamais un groove inexistant.

Une chaîne de plugins ne remplacera jamais une interprétation sincère.


La phrase qui résume toute ma philosophie

Je le répète souvent aux artistes avec lesquels je travaille :

« Je ne suis pas un magicien. Si l'émotion et le groove ne sont pas présents à l'enregistrement, je ne peux pas les inventer au mixage. Mon travail consiste à les révéler, les renforcer et les mettre en lumière. »

C'est probablement la phrase qui résume le mieux ma vision du métier.

Le son est une chaîne de décisions.

Chaque étape a son importance.


Mais tout commence toujours par la musique elle-même.

Parce qu'au final, la seule chose que l'auditeur doit entendre, ce n'est ni le mixeur, ni l'ingénieur mastering, ni les plugins utilisés.

C'est l'émotion que les musiciens ont réussi à transmettre.

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